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Technique peu invasive, réalisée pour la première fois en 1958 par le Docteur Watanake, l'arthroscopie a été développée d'abord pour le genou puis l'épaule, la cheville, la main et le coude.

Initialement utilisée comme moyen diagnostic de l'articulation, elle est dorénavant très majoritairement utilisée en thérapeutique car elle permet un grand nombre d'interventions chirurgicales avec un moindre traumatisme. Concentrons-nous sur l'arthroscopie du genou.

Arthroscopie du genou : généralités

Technique de l'arthroscopie

L'arthroscopie du genou est réalisée au bloc opératoire. Elle nécessite une anesthésie qui peut être générale ou loco-regionale (rachis anesthésie). Tout au long de la procédure, on instille du sérum physiologique dans l'articulation pour gonfler le genou et pouvoir mieux opérer.

Lors d'une arthroscopie, 2 à 3 petites incisions sont réalisées.

La première permet d'introduire l'arthroscope c'est-à-dire des fibres optiques permettant d'illuminer l'articulation et de transmettre les images filmées par une caméra miniature.

La seconde incision permet le passage d'outils chirurgicaux miniaturisés (mécaniques et motorisés).

Il arrive qu'il soit nécessaire de pratiquer une 3ème incision lors de chirurgies plus complexes nécessitant plus d'instruments.

Déroulé de l'intervention

Préalable

Au préalable, auront été réalisés différents examens d'imagerie : radiographies, scanner, IRM.

Comme pour toute intervention chirurgicale, vous aurez un rendez-vous avec un médecin anesthésiste pour discuter de la meilleure approche (anesthésie générale ou loco-régionale).

Pour que l'intervention ait lieu, il existe quelques règles à respecter : un genou parfaitement sain c'est-à-dire en parfait état cutané, sans boutons...

Déroulement

Le patient est allongé sur le dos. Un garrot est fixé au niveau de la cuisse évite les saignements pendant l'intervention. Puis le genou est gonflé avec du sérum physiologique.

L'intervention a une durée variable en fonction de la pathologie et de la difficulté opératoire.

Dans de rares cas, si en cours d'intervention il apparaît une nouvelle donnée médicale ou si l'arthroscopie n'apparaît plus comme étant la meilleure prise en charge possible, on peut faire évoluer l'opération en ouvrant plus largement.

Avant de refermer avec des sutures non résorbables (selon les praticiens), il peut y avoir infiltration locale d'anesthésiques ou de gel hyaluronique. La pose d'une attelle sera parfois préconisée.

Les suites opératoires et la récupération sont dépendantes de l'intervention et du patient. L'arthroscopie se fait souvent en ambulatoire. Le chirurgien donnera des indications concernant les médicaments (anticoagulants...), une éventuelle rééducation.

Les fils sont retirés 10 jours après l'intervention.

La reprise du sport pourra se faire entre 1 et 3 mois après l'intervention en fonction de la nature de celle-ci et du sport pratiqué. Mais toujours avec l'accord du médecin.

Arthroscopie du genou : les indications

L'arthroscopie, technique mini-invasive, permet :

  • de poser un diagnostic grâce à la visualisation des ménisques, des ligaments croisés, des cartilages et de la membrane synoviale (poche entourant l'articulation) ;
  • de traiter un grand nombre de lésions intra-articulaires.

Ainsi, les principales interventions que l'on peut réaliser sont :

  • ablation ou suture des ménisques ;
  • régularisation du cartilage ;
  • excision d'adhérences sur la synoviale ou ablation d'une partie inflammatoire ;
  • évacuation de corps étrangers tels que des fragments osseux ou cartilagineux libres ;
  • traitement de la rupture des ligaments croisés ;
  • traitement de certaines fractures des plateaux tibiaux...

Les indications de cette intervention sont nombreuses. Les avantages principaux sont : son caractère mini-invasif, des suites opératoires plus simples et rapides et des risques de complications moindres.

Les complications liées à l'arthroscopie du genou

Les complications de l'arthroscopie sont très rares. Pour autant, elles existent comme pour toute intervention chirurgicale.

On peut distinguer les complications au cours de l'arthroscopie et celles après l'intervention.

Au cours de l'arthroscopie :

  • les complications nerveuses : au niveau de la cicatrice, sensation de fourmillements ou d'anesthésie. Ces sensations diminuent avec le temps ;
  • les complications vasculaires. Exceptionnellement (0.003% des arthroscopies), l'artère ou la veine poplitée peuvent être lésées ;
  • une entorse du ligament latéral interne ;
  • la cassure des instruments miniaturisés, se logeant dans l'articulation et doivent être enlevés via une ouverture plus importante.

Après l'intervention :

  • des complications thrombo-embolitiques. Dans 0.12% des arthroscopies, une phlébite se forme ;
  • une infection de l'articulation, ou arthrite, dans 0.5% des arthroscopies ;
  • un épanchement sanguin (hémarthrose) dans 0.5% des cas ou un épanchement de liquide synovial ;
  • une tuméfaction au niveau de la cicatrice ;
  • l'apparition d'un syndrome neuro-algodystrophique, non spécifique à l'arthroscopie. Il se manifeste très rarement.

Selon la Société Américaine de Médecine Sportive Orthopédique, plus de 4 millions d'arthroscopies du genou sont réalisées chaque année dans le monde.

La chirurgie du genou a beaucoup évolué grâce à l'arthroscopie. Cette technique mini-invasive est d'ailleurs devenue la référence dans le traitement chirurgical d'un certain nombre de pathologies. Quoi que indiscutables, ses bénéfices restent à discuter dans le cas de l'arthrose notamment où elle fait aujourd'hui l'objet d'évaluations.

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