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Les immunosuppresseurs sont des médicaments puissants utilisés dans certaines formes de rhumatismes inflammatoires graves.

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Types d'immunosuppresseur

Cachets dans boites fond etageres

Les immunosuppresseurs sont des médicaments qui agissent en réduisant l'activité du système immunitaire. Ils sont utilisés dans les maladies auto-immunes, qui sont liées à la production d'anticorps anormaux qui s'attaquent à l'organisme au lieu de le défendre contre les microbes.

Étant donné que la plupart des rhumatismes inflammatoires ont une cause auto-immune, les immunosuppresseurs sont très utilisés comme traitement de fond, lorsque les antidouleurs classiques ne suffisent pas à réduire les symptômes.

Il existe plusieurs classes d'immunosuppresseurs :

  • Les corticoïdes qui peuvent être pris par voie orale ou être injectés dans les articulations.
  • Les autres immunosuppresseurs, plus puissants.
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Quelques exemples d'immunosuppresseur

De nombreux immunosuppresseurs sont utilisés contre les rhumatismes inflammatoires chroniques qui ne répondent pas aux autres traitements. C'est souvent le cas de la polyarthrite, de la spondylarthrite ankylosante sévère ou du rhumatisme psoriasique.

En voici quelques exemples :

Molécule Nom commercial Type de rhumatisme chronique
Hydroxychloroquine Plaquenil®

Polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé

Bon à savoir : des essais cliniques sont réalisés dans le cadre du traitement du COVID-19 car son efficacité contre le coronavirus n'a pas été démontrée.

Ciclosporine Neoral® Polyarthrite, spondylarthrite ankylosante grave
Méthotrexate Novatrex® Polyarthrite, arthrite juvénile, spondylarthrite ankylosante grave
Sulfasalazine Salazopyrine® Polyarthrite, spondylarthrite ankylosante grave
Sécukinumab Cosentyx® Rhumatisme psoriasique, spondylarthrite ankylosante axiale active persistante malgré un traitement par anti-TNF (biothérapie) bien mené pendant 3 mois.

Ixékizumab

Taltz®

Rhumatisme psoriasique, seul ou en association avec le méthotrexate
Tofacitinib Xeljanz® Initialement indiqué uniquement dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, mais autorisé depuis 2018 dans le traitement de la rectocolite hémorragique et du rhumatisme psoriasique en association avec le méthotrexate.

Adalimumab

Amsparity®

Ce médicament a reçu une approbation du Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments pour les indications relatives à (entre autres) la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrite juvénile, l’arthrite liée à l’enthésite, la spondylarthrite ankylosante, l’arthrite psoriasique.

Le sécukinumab est le premier représentant de la classe des anticorps monoclonaux anti-IL-17A. Il se lie à l'interleukine-17A (IL-17A), une cytokine pro-inflammatoire, et la neutralise. Il s'agit d'un traitement d'exception (son prix varie de 600 à 1 200 €) qui ne peut être prescrit en hôpital que par des rhumatologues ou des dermatologues (ce traitement est également utilisé en cas de psoriasis en plaques chronique sévère de l'adulte).

Les traitements notamment à base de méthotrexate sont mal tolérés chez environ 30 % des patients. Il est alors possible d'avoir recours à un anticorps monoclonal (de type anti-IL6) : le sarilumab. Ce dernier améliore les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde et le handicap qu'elle entraîne.

Les risques des immunosuppresseurs

Les immunosuppresseurs classiques cités ci-dessus sont des médicaments puissants entrainant de nombreux effets secondaires lorsqu'ils sont utilisés à long terme. Ils augmentent notamment le risque d'infection grave et de cancer et doivent donc être utilisés uniquement en cas de rhumatisme inflammatoire grave et invalidant.

Depuis quelques années, de nouveaux médicaments agissant sur le système immunitaire mais entraînant moins de risques sont utilisés en rhumatologie : il s'agit des traitements biologiques ou anti-TNF. D'autres traitements peuvent être efficaces contre les rhumatismes. On note cependant que les personnes obèses ont tendance à moins bien répondre à aux anti-TNF (- 66 % dans le cadre de la polyarthrite rhumatoïde par exemple).

Depuis le 10 novembre 2017, les anti-TNF (étanercept, adalimumab, infliximab et golimumab) ne sont plus remboursés dans le cadre du traitement de la polyarthrite rhumatoïde sévère non précédemment traitée par méthotrexate. Cette décision fait suite à un service médical rendu jugé insuffisant par la Haute Autorité de santé,

Par ailleurs, l’Agence européenne des médicaments (European Medicines Agency, EMA) déconseille l’utilisation de Xeljanz (tofacitinib) chez les patients atteints d’une rectocolite hémorragique et à risque de thrombose car il augmente le risque d’embolie pulmonaire et de thrombose veineuse profonde (notamment aux doses de 5 mg et 10 mg 2 fois par jour). De plus, l'étude de l'EMA met en évidence un risque accru d’infections graves et mortelles chez les patients de plus de 65 ans.