Rhumatisme goutte

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka

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La goutte est un rhumatisme causé par un dépôt de cristaux dans les articulations.

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Pieds sous couette de couleur

Qu'est-ce que la goutte ?

La goutte a la réputation d'être une « vieille » maladie, et pourtant elle est encore fréquente.

C'est un rhumatisme dit « microcristallin », car il est lié au dépôt de cristaux dans les articulations.

La crise de goutte survient typiquement chez les hommes entre 30 et 50 ans et touche un orteil dans 80 % des cas.

Causes de la goutte : des cristaux intra-articulaires

Dans le cas de la goutte, ces cristaux sont des cristaux d'urate de sodium. La chondrocalcinose, une maladie proche de la goutte, est causée par des cristaux de calcium.

La présence anormale de ces cristaux est liée à un problème métabolique (un trouble génétique est très souvent en cause).

L'urate est présent en trop grande quantité dans le sang (on parle d'hyperuricémie). Par conséquent, il se dépose et cristallise dans les articulations.

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Symptômes de ce type d'arthrite

Les dépôts peuvent être à l'origine de crises ou d'accès de goutte, ou parfois de douleurs chroniques.

Le plus souvent, la goutte survient sous forme de crise, caractérisée par des douleurs et une inflammation soudaine d'un orteil, qui augmente de volume.

La douleur survient souvent la nuit et peut être extrêmement forte. La crise dure en général 5 à 8 jours.

Évolution de la goutte

Les crises peuvent devenir plus fréquentes et toucher d'autres articulations au niveau des doigts. Si elle n'est pas traitée, la goutte peut endommager les reins à long terme et se compliquer d'un syndrome métabolique et d'affections cardiovasculaires.

Attention, « la maladie n’est pas suffisamment prise au sérieux. Les patients et les médecins doivent avoir conscience qu’elle réduit l’espérance de vie », souligne le Pr Thomas Bardin (Hôpital Lariboisière, Paris).

Les crises surviennent souvent après un repas copieux ou la consommation d'alcool. Il est donc conseillé aux personnes atteintes de faire moins d'excès alimentaires.

Traitements de cette arthrite

Il faut tout d'abord éviter de manger des repas contenant de la viande, des abats, de l'alcool, des sodas... Il est également recommandé de pratiquer une activité physique et si nécessaire de perdre poids, ce qui agit un peu sur l’uricémie mais surtout sur le syndrome métabolique associé.

Le traitement hypouricémiant, lui, sera instauré dès la première crise lorsque le diagnostic de goutte est certain. En effet, il est plus facile de réduire le stock d’urate lorsque celui-ci n’est pas trop important (objectif moins de 300 µmol/l – 60 mg/l) et on espère pouvoir réduire la mortalité précoce associée à la goutte en intervenant précocement.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), de type ibuprofène ou diclofénac peuvent calmer les douleurs mais ils ne doivent être pris que sur une courte période, soit le temps de la crise en raison de leurs nombreux effets secondaires.

La colchicine (Colchimax®) est le traitement de référence de la goutte car elle permet d'éliminer les cristaux et de calmer les douleurs en 24 h. Pour optimiser son efficacité, elle doit être administrée dans les 12 premières heures, à la dose initiale de 1 mg en début de crise, de 0,5 mg une heure après, puis de 0,5 mg 2 à 3 fois/j les jours suivants. L’apparition d’une diarrhée, qui est le principal effet secondaire, devra conduire à réduire ou arrêter le traitement.

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Toutefois, une étude a démontré qu’il était possible de remplacer les AINS et la colchicine par des corticoïdes. Ainsi, si les AINS et/ou la colchicine entraînent des troubles rénaux ou digestifs graves, on peut les remplacer par une corticothérapie orale avec une efficacité équivalente et moins d’effets secondaires.

Pour être efficaces, les corticoïdes oraux doivent être utilisés à dose assez forte : 30 à 35 mg/j pendant les 3 à 5 jours de la crise (sauf en présence d’un diabète de type 2, d’une hypertension artérielle déséquilibrés). Mais, une corticothérapie intra-articulaire sera privilégiée en cas d’arthrite accessible à un geste local.

Dernière option, les inhibiteurs de l’interleukine 1 (anakinra). Leur prescription ne peut être initiée qu’en milieu hospitalier et elle est réservée aux échecs ou aux contre-indications de la colchicine, des corticoïdes et des AINS.

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